Qu’est-ce qu’un kidulte ? Et si nous l’étions tous un peu

2 juillet 2026

Il y a ce moment précis.

Vous êtes dans un magasin, devant un rayon LEGO ou une étagère de Funko Pop. Vous hésitez. Pas sur le prix. Sur autre chose.

Sur le regard qu’on pourrait poser sur vous.

Sur cette petite voix qui demande : « T’es sérieux, à ton âge ? »

Et si je vous disais que cette voix-là, je l’entends aussi. Que je l’ai entendue pendant des années. Et qu’un jour, j’ai arrêté de l’écouter.

Cette question qui ne nous lâche pas

Il y a quelques années, si on m’avait dit qu’un jour je me demanderais sérieusement si j’étais une enfant ou une adulte, j’aurais probablement ri.

« Mais enfin, j’ai payé des impôts. Ça compte comme preuve, non ? »

Et pourtant, me voilà aujourd’hui à parler de LEGO, de jeux de société, de Disney, de Harry Potter, de mangas, de puzzles et de parcs d’attractions. Sans filtre. Sans excuse.

Alors la question s’est posée, un peu malgré moi :

Et si j’étais une kidulte ?

Et si vous aussi ?

Parce que si vous êtes arrivé·e jusqu’ici, sur cet article, il y a des chances que cette question vous parle plus que vous ne voudriez l’admettre.

Mais au fait, c’est quoi, être kidulte ?

Le mot est simple à décortiquer : « kid », l’enfant, et « adulte », soudés en un seul mot pour désigner une seule personne. Vous.

Un kidulte, c’est un adulte qui continue à aimer, sincèrement, des choses qu’on associe habituellement à l’enfance.

Et non, ça ne veut pas dire passer ses journées en pyjama devant les dessins animés en mangeant des céréales.

Enfin… ça ne l’exclut pas totalement non plus, restons honnêtes.

Être kidulte, c’est pouvoir :

  • construire un set LEGO un dimanche soir, juste pour le plaisir des mains ;
  • pleurer devant un feu d’artifice à Disneyland alors qu’on l’a déjà vu dix fois ;
  • attendre la sortie d’un nouveau tome de manga avec la même impatience que le versement du salaire ;
  • connaître sa maison à Poudlard mieux que son propre code postal ;
  • avoir 30, 40, 50 ans ou plus, et continuer d’avoir des passions qui nous faisaient déjà vibrer, enfant.

Ce n’est pas un refus de grandir. C’est un refus d’oublier.

Pourquoi faudrait-il arrêter d’aimer ce qu’on aime ?

C’est sans doute la question qui me travaille le plus.

On nous apprend très tôt à grandir. À devenir « raisonnable ». Trouver un travail. Payer les factures. Faire les courses. Gérer les rendez-vous. S’occuper des enfants. Faire semblant de comprendre les papiers administratifs.

Bref : devenir adulte, au sens où on nous l’a toujours vendu.

Mais personne ne nous a prévenus qu’on n’était pas obligé de jeter notre personnalité d’enfant à la poubelle en cours de route. Que ce tri-là n’était pas obligatoire.

Et j’en suis profondément soulagée.

Parce que personnellement, je n’ai aucune envie de devenir quelqu’un qui ne sait plus s’émerveiller devant un château Disney illuminé, ou qui considère qu’un LEGO est « juste un jouet pour enfant ».

Si c’est ça, grandir… je préfère rester un peu à côté.

Le kidulte n’a pas peur des responsabilités

C’est une nuance qui compte, et qu’on oublie trop souvent.

Être kidulte ne signifie pas refuser d’être adulte. Ni fuir la réalité. Ni se réfugier dans une bulle.

Je peux parfaitement gérer ma vie de tous les jours — travail, maison, imprévus, administratif — et avoir envie, le soir venu, de faire un puzzle en écoutant une bande originale de film.

Je peux être une mère présente, fatiguée parfois, et avoir malgré tout envie de jouer.

Je peux passer une heure à parler sérieusement d’un dossier professionnel, puis basculer immédiatement dans une conversation passionnée sur la théorie des Horcruxes.

Les deux ne s’excluent pas. Les deux cohabitent. Et c’est précisément ce mélange qui, un jour, m’a fait comprendre ce que voulait vraiment dire ce mot.

Être kidulte, ce n’est pas dire : « Je refuse d’être adulte. »

C’est dire : « Je suis adulte. Mais je n’ai pas oublié ce qui me faisait rêver. »

Si vous vous reconnaissez, vous n’êtes pas seul·e

Voilà peut-être la chose la plus importante de cet article.

Si vous cachez vos figurines quand quelqu’un vient à la maison. Si vous avez déjà menti sur votre âge pour ne pas avoir à justifier votre dernier achat en boutique manga. Si vous avez rangé vos passions « au cas où on vous juge »…

Sachez une chose : vous n’êtes pas seul·e à ressentir ça. Et vous n’avez rien à cacher.

C’est exactement pour ça que cet espace existe — ce blog, ces réseaux, cette communauté qui se construit article après article, post après post. Pas pour vous dire quoi aimer. Mais pour vous rappeler que vous avez le droit d’aimer ce que vous aimez, sans avoir à vous justifier.

Ici, on ne vous demandera jamais « tu es sérieux, à ton âge ? ». On vous demandera plutôt : « et sinon, tu en es où dans ta collection ? »

Alors… kidulte, vous aussi ?

Je crois, en ce qui me concerne, que la réponse est oui depuis longtemps.

Et très honnêtement, je ne vois plus aucune raison de m’en cacher.

Si aimer les LEGO, les jeux, Disney, Harry Potter, les mangas, les puzzles et les parcs d’attractions fait de moi une kidulte, alors je signe. Des deux mains.

Parce qu’au fond, je pense qu’on devrait tous garder une place, quelque part en nous, pour cette version de nous-mêmes.

Celle qui s’émerveille encore.

Celle qui joue, sans arrière-pensée.

Celle qui peut être heureuse simplement parce qu’elle vient de trouver la pièce manquante, le set qu’elle attendait, le tome qu’elle guettait depuis des mois.

Et peut-être que finalement, grandir, ce n’est pas arrêter d’être un enfant.

C’est apprendre à être adulte sans perdre complètement celui ou celle qu’on était.

Et vous : plutôt adulte très sérieux… ou kidulte assumé ?

Dites-le-moi en commentaire, ou venez m’en parler sur les réseaux — c’est exactement pour ces échanges-là que cet endroit existe.

Et toi, qu’en penses-tu ?

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